La franchise d’une assurance habitation détermine le reste à charge après chaque sinistre. Comparer deux contrats sur la seule base de la prime mensuelle revient à ignorer la variable qui pèse le plus sur le coût réel d’un dégât des eaux ou d’un vol. Cet article mesure les écarts entre les principaux types de franchises, détaille les seuils réglementaires applicables et identifie les clauses qui, à la lecture du contrat, changent le calcul d’indemnisation.
Franchise fixe, proportionnelle, relative : tableau comparatif des modes de calcul
Tous les contrats d’assurance habitation n’appliquent pas la franchise de la même façon. Le mode de calcul retenu modifie directement le montant qui reste à votre charge, parfois de plusieurs centaines d’euros pour un même sinistre.
| Type de franchise | Mode de calcul | Effet sur l’indemnisation | Cas d’usage fréquent |
|---|---|---|---|
| Franchise absolue (fixe) | Montant en euros déduit de l’indemnité | Toujours déduite, quel que soit le montant du sinistre | Dégât des eaux, bris de glace, vol |
| Franchise proportionnelle | Pourcentage du montant des dommages, avec un minimum et parfois un plafond | Augmente avec la gravité du sinistre | Garanties spécifiques (catastrophe naturelle, dommages électriques) |
| Franchise relative (simple) | Seuil en euros : si le sinistre dépasse ce seuil, remboursement intégral ; sinon, rien | Aucune déduction une fois le seuil franchi | Moins courante, parfois en garantie tempête |
La franchise absolue reste la plus répandue dans les contrats multirisques habitation. Elle offre une prévisibilité : vous connaissez à l’avance le montant exact qui ne sera pas remboursé.
La franchise proportionnelle, elle, peut réserver des surprises. Sur un sinistre de plusieurs milliers d’euros, un taux de 10 % appliqué sans plafond génère un reste à charge bien supérieur à une franchise fixe classique. Vérifiez toujours si le contrat prévoit un plafond de franchise proportionnelle.

Franchise catastrophe naturelle : un régime à part fixé par le Code des assurances
La franchise applicable en cas de catastrophe naturelle ne se négocie pas. Elle est fixée par l’article A125-6 du Code des assurances et s’impose à tous les assureurs.
Montants légaux en vigueur
Pour les biens à usage d’habitation, la franchise catastrophe naturelle est de 380 euros. En cas de dommages liés à un mouvement de terrain consécutif à la sécheresse-réhydratation des sols, ce montant passe à 1 520 euros.
Ces franchises ne peuvent être ni rachetées ni réduites par une option contractuelle. Toute mention contraire dans un contrat serait inopposable.
Surprime catastrophes naturelles : hausse depuis 2025
Depuis le 1er janvier 2025, la surprime catastrophes naturelles appliquée aux contrats habitation est passée de 12 % à 20 %. Cette augmentation ne modifie pas le montant de la franchise légale, mais elle alourdit le coût global de la couverture. Un contrat dont la prime de base est restée stable peut donc afficher une hausse significative à cause de ce seul poste.
Concrètement, la part de votre cotisation dédiée aux catastrophes naturelles a presque doublé. Si vous habitez une zone exposée aux inondations ou à la sécheresse, ce surcoût pèse davantage que la franchise elle-même sur le budget annuel.
Franchise et prime d’assurance habitation : le mécanisme de vases communicants
Accepter une franchise plus élevée fait baisser la prime annuelle. Ce levier est souvent présenté comme un bon moyen d’économiser, mais il mérite un calcul précis adapté à votre situation.
Simuler le coût réel sur plusieurs années
Comparer deux offres suppose de raisonner sur une période de trois à cinq ans, pas sur la seule cotisation mensuelle. Si un contrat propose une franchise de 150 euros avec une prime annuelle plus élevée, et qu’un autre affiche une franchise de 300 euros avec une prime réduite, l’écart de prime accumulé doit être mis en face du surcoût en cas de sinistre.
Pour un locataire en appartement qui déclare un sinistre tous les quatre ou cinq ans en moyenne, une franchise plus élevée avec une prime basse revient souvent moins cher sur la durée. Pour un propriétaire d’une maison ancienne exposée aux dégâts des eaux récurrents, le raisonnement inverse s’applique.
Le piège du rachat de franchise
Certains contrats proposent une option de rachat de franchise, totale ou partielle. L’assureur supprime ou réduit la franchise en échange d’une surprime. Cette option n’a d’intérêt financier que si vous déclarez des sinistres fréquents.
Sur un contrat où la franchise standard est modérée, le coût cumulé du rachat sur plusieurs années dépasse souvent le montant que vous auriez payé en franchise lors d’un sinistre isolé. Le rachat de franchise se justifie surtout pour les garanties à sinistralité élevée, comme le dégât des eaux dans un immeuble ancien.

Règle proportionnelle et sous-déclaration : le risque qui efface la franchise
Focaliser l’attention sur la franchise peut faire oublier un mécanisme bien plus pénalisant : la règle proportionnelle de capitaux. Si la valeur déclarée de vos biens mobiliers est inférieure à leur valeur réelle, l’assureur applique une réduction proportionnelle sur l’ensemble de l’indemnisation.
Ce mécanisme est juridiquement distinct de la franchise. Il s’y ajoute. Sur un sinistre de 5 000 euros, une sous-déclaration de 40 % ramène l’indemnité à 3 000 euros avant même que la franchise soit déduite. Le reste à charge final peut représenter plusieurs fois le montant affiché de la franchise dans le contrat.
Vérifier la valeur déclarée de vos biens mobiliers protège davantage que négocier la franchise. Lors de la souscription ou du renouvellement, actualisez l’estimation de vos meubles, équipements électroniques et objets de valeur.
Clauses à vérifier dans le contrat avant de souscrire
Le montant de la franchise ne suffit pas à évaluer un contrat d’assurance habitation. Plusieurs clauses modifient son application réelle et méritent une lecture attentive.
- La franchise par sinistre ou par garantie : certains contrats appliquent une franchise différente selon la nature du dommage (dégât des eaux, vol, incendie). Un contrat peut afficher une franchise basse sur le vol mais élevée sur les dommages électriques. Listez les garanties une par une.
- Le délai de carence : période après la souscription pendant laquelle certaines garanties ne s’appliquent pas, indépendamment de la franchise. Ce délai varie selon les assureurs et les garanties concernées.
- Les conditions de majoration de franchise : après plusieurs sinistres sur une même année, certains contrats prévoient une augmentation automatique de la franchise applicable. Cette clause est rarement mise en avant lors de la souscription.
- L’absence de franchise sur certaines garanties : la responsabilité civile, par exemple, s’applique souvent sans franchise. Vérifiez quelles garanties en sont exemptes pour mesurer la couverture réelle.
Un dernier point souvent négligé : les exclusions de garantie ne sont pas des franchises. Une exclusion signifie zéro indemnisation, pas un reste à charge partiel. Confondre les deux conduit à surestimer la protection réelle du contrat.
Franchise assurance habitation : les critères de choix résumés
- Fréquence probable des sinistres : locataire en immeuble récent (risque faible, franchise haute acceptable) ou propriétaire en zone inondable (franchise basse préférable)
- Montant de la prime annuelle comparé au différentiel de franchise entre deux offres, sur une projection de trois à cinq ans
- Présence ou non d’un plafond sur les franchises proportionnelles
- Valeur déclarée des biens mobiliers, pour éviter l’application de la règle proportionnelle qui annule l’avantage d’une franchise basse
- Clauses de majoration automatique après sinistres répétés
Le choix d’une franchise d’assurance habitation repose sur un arbitrage entre le montant de la prime et le reste à charge acceptable en cas de sinistre. Aucun montant de franchise n’est bon ou mauvais en soi : il dépend du profil du logement, de sa localisation et de la valeur des biens assurés.
Prenez quelques minutes pour remplir le formulaire de demande de devis ci-dessous : un professionnel vous rappellera pour analyser votre situation et vous proposer un contrat adapté à vos besoins.


